Errance

Il est comme ça ce jour. Lumineux. Tout enrobé de rondeurs. D’envies d’aimer. Et de pudeurs.
J’allonge l’Avenue. Atteins le grand parking. Et erre entre les carcasses des voitures vides. Aucun jeune homme dans les environs. La plupart du troisième âge. Les rues calmes. Je rote un résidu d’alcool de la veille. Je devrais faire vite avant que ça ferme. J’ai la bouche fade. Les pieds qui rampent.
J’atteins enfin le centre d’impôts. Dieu merci, il n’ya pas beaucoup de monde. « Des timbres fiscaux pour cent euros ». J’aime pas l’Euro, j’aurais aimé payer en toi. Je ressors.
Un type roux fait du roller à l’envers. Hier, il s’est jeté sous le train. Sais pas pourquoi. Pas pu y croire. Rien vu venir. Tu ne m’as jamais aimé Franc! Sinon tu me l’aurais dit! À quoi ça sert un amoureux si ça reste en dehors des jours décisifs?
Les murs sont délavés. L’air est âpre. Le chemin est long. Il s’allonge grisâtre sous l’horizon. Ils se sont fumés ses jours, où nos baisers martelaient le pavé, et vidés, et éteints, et refroidis, aux oubliettes! Des mégots du trottoir.
J’atteins la gare. Le paysage défile. Les railles grincent. Le silence. De retour.
Les HLM se dressent. La même aigreur. La même géhenne. Dans un cul de sac. Il y’a tant de choses.Tant de vides absurdes. Des trajectoires qui se perdent. Mais je n’ai pas le choix, mes rollers glissent vers l’avant.

La chambre m’avale, j’allume l’ordi pour mes devoirs, l’écran est tout noir, tout flou, toutes claires, des gouttes scintillent sur le bureau.
Le moniteur est de nouveau tout noir, maintenant tout bleu, de nouveau tout noir.
Je suis un hibou face à la nuit peinte : je ne comprends pas : charge-toi vite ! Saloperie de Vista !…enfin !…notre photo immerge de l’obscurité, traverse le ciel bleu, et s’impose dans la clarté ; c’est le meilleur fond d’écran que je connais.
« Vous avez reçu des emails » : je les lirai tout à l’heure.
Franc…j’espère que t’as fini ta dissertation…merde !…le bureau se dérobe sous ma main j’atterris sur la chaise…merde Franc !…je déconne !…je déconne dans cette pièce de merde !
J’introduis la main dans ma poche, elle est vide, aucun Franc, et pourtant, je trimbale un cadavre en moi, et pourtant, un jour, je m’étais dit : tu feras ton coming-out lorsque t’auras l’impression d’avoir trouvé l’amour parfait.
Maintenant que t’es plus là, je ne me vois pas leur annoncer imparfaitement : j’aime une personne absente… ou… j’aimais une personne. Cette situation merdique c’est beaucoup ta faute, un peu la mienne, zéro la notre.

Lundi, j’irai à l’Univ, lorsque la première pause sonnera, les potes me diront :
– C’est tellement drôle et con ! Raconte-nous en une autre ! Va s’y Samir, une autre blague, qu’on se marre !
Je les conterai la blague du PD qui se suicide sous les rails, tu verras la gueule qu’ils tireront : c’est pas une grosse perte à vrai dire ! Imaginez qu’il aurait été une blonde cocaïnée munie d’une grosse paire de nichons, là au moins son lait nous aurait manqué…hum…: tu verras la gueule de fêlons qu’ils feront…
À la pause de midi, après avoir mangé, je m’installerai dans le coin où nous avions nos habitudes, j’allumerai une brune que je crapoterai histoire de t’entendre geindre comme d’hab. : tu crapote Samir ! Tu sais pas fumer ? Des barres !
Je jure que si tu te tairas enfoiré, je lèverais mon majeur au ciel pour mouiller ton œil histoire que tu ressentes toi aussi combien elle nous emmerde ! : ta non présence.

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Le muet

Les épines s’enfoncent dans la plante des pieds sans crier gare; ça croise la peau, la viole, éjacule dans la chair et se met à chanter la douleur d’une mélodie lascive qu’on ne peut s’empêcher d’écouter même si elle perfore les tympans… Te souviens-tu, je t’avais embrassé fugitivement la peau douce sur ta tiède joue, puis j’avais pris mon pied à mon cou, et toi, t’avais continuée à me chercher dans la foule et dans le rang des garçons au garde à vous… T’avais dû pensé, quel insolent!…en effet, lors de ce coït entre mes lèvres lippues et ta peau nue, le temps s’était suspendu et je t’avais vu et t’avais ressenti frileuse, tremblante, surprise, désespérée de rechercher dans la cour de récré ce voleur qui t’avait arraché un baiser… Ha! Quelle joie d’avoir pu réussir mon coup! À moindre frais ni vu ni connu ni entendu…et pourtant atteinte! Et de qu’elle manière! D’aucun ne s’était aperçu de rien…lorsque je t’avais vu au milieu de tes copines entourée par le brouhaha d’écoliers, je m’étais approché lentement, m’étais creusé un passage entre les corps, avais dégainé, avais tiré et m’étais aussitôt retiré dans mon prépuce tel une flèche d’arc qu’on étire et comme un vit s’attendrissant… Et t’avais réagis, toute haletante de spasmes orgasmiques, hum, comme j’aurais aimé te fourrer là surplace, toute transpirante de phéromones, fleur juteuse hors de la porté de mes doigts…et tu t’étais retournée déçus, sans ta dose d’amour et de sexe, et moi ce soir là chez moi je m’étais branlé sans ta bouche et tes fesses comme un bougre… Driink! Avait hurlé toute tremblotante la sonnerie de la récré; la méchante maitresse était arrivée, et toute secouée d’autorité avait ordonné d’entrer en classe… Et on avait lu, écrit, récité, sous la pression, et moi, je t’avais regardé, t’avais l’air à cet instant de t’en battre les couilles; j’avais eu envie de te parler, de t’écrire un mot, mais la méchante maitresse avait les yeux partout et frappait musclée! SILENCE! Gueulait-elle au moindre chuchotement d’aile de mouche…SILENCE, silence, silence, ça avait résonné dans ma tête toute la suite de l’année, silence jusque dans l’adolescence, silence jusque dans l’âge adulte, silence jusque dans la retraite, j’avais jamais brisé silence, silence avait coulé l’eau, bougé les plaques tectoniques, et m’avait séparé de toi comme la dérive des continents… J’étais arrivé en Europe tout ambitieux, en guerrier de fortune, revanchard et prêt à lancer mille offensives; j’avais voulu faire vite, pédaler à fond, avaler du terrain à grande vitesse, m’exfiltrer du peloton en cycliste dopé; mais je m’étais trompé, y’avait pas de boulevard, tout était balisé et cloisonné; des troncs dans les jantes me firent chuter; me j’suis retrouvé par terre, et le temps d’observer mes blessures la course était terminée… Pourtant j’exploserais milliards de jours pour revenir en arrière, sortir du rang et te répondre dans les yeux; peut être que ça aurait changé ma life, peut être ça aurait été mieux ou pire, j’en sais rien, sais juste que j’suis vieux et rassasié des jours immangeables….le silence…les années…mon sang dans le temps…j’ai pas eu le choix, j’en avais même pas pour moi, il faillait courir, courir, courir et toujours courir pour courir et encore courir…me suis trompé de course Belinga; t’es la bas, j’suis ici, tu m’attends encore peut être à l’ombre du manguier géant dans la cour de récré avec ton sourire juvénile, t’es peut être encloquée par un couillon qui te bat, t’attends peut être des jumeaux, ou t’as déjà semé toute une couvée d’adultes, que sais je moi… Et ils disent que t’es morte, ils se foutent de qui, laisse les doigter l’œil…je n’en sais rien, on se reverra jamais peut être, tu la liras peut être jamais, je l’ai écris sans vouloir, en flottant un peu, sur un air sans ailes, perdu au milieu d’un nid de kangourou, c’est là, loin, le soir, tellement loin de nous, mais qu’est tu veux, le jour de mon retour au pays, l’épine de ton absence me pinera le pied.

Une sordide histoire en direct de chez moi.

Ville

Alors que j’écrivais sur le clavier de mon ordi vers 17h aujourd’hui, les pompiers ont débarqué avec leur camion et une longue échelle. Mon bâtiment fait une dizaine d’étage. Ils ont hissé leur échelle jusqu’au cinquième, ont défoncé la fenêtre pour ressortir quelques instants plus tard avec trois macchabés en état de putréfaction. Il n’en fallait pas plus pour que la foule apparaisse, grossit par les curieux en tout genre. Des mamans tenant leurs enfants, des adolescents, les policiers essayant de contenir tout ce beau monde. On se croirait dans une série policière américaine, mais non, nous somme bel et bien en France et la réalité a dépassé la fiction. Moi qui ne regarde pas le journal télévisé, ce soir je le suivrais pour savoir si les médias nationaux en parleront. Pour l’instant, je n’ai pas vu de journaliste; il y’a des flics mais pas de journaleux; les cadavres s’en vont dans une ambulance mortuaire. À l’instant où j’écris cette phrase nous sommes le 30 mars 2011 il est 17h 34, et l’espèce de gros aspirateur des pompier fait on boucan d’enfer dans le bâtiment. J’ai questionné l’un des pompiers, il m’a dit que c’était pour désinfecter la pièce des bactéries cadavériques. Moi qui lit souvent des magazines traitant de serial killer, meurtres, comme le nouveau détective, Crimes et Police, je n’aurais jamais imaginé qu’une histoire sordide se déroule dans mon quartier, à plus forte raison dans mon block. Les rumeurs vont bon train; certains disent que le cadavre de l’homme qu’on a retrouvé avec les deux cadavres des jeunes femmes était un violeur, qu’il a kidnappé les jeunes femmes avant de les tuer à coup de hache. Les pompiers auraient trouvé les cadavres dans son armoire. Quand je dis à ma sœur de ne pas sortir la nuit, qu’il y’a des fous parmi nous, des prédateurs dans la foule, et que ça n’arrive pas qu’à la télé, et que peut être en bas de chez nous, ou dans notre entourage il y’a un monstre et vous ne le savez pas, elle me prend pour un paranoïa. Quand au tueur il était discret; on l’apercevait rarement dans la cité. Histoire à vérifié, je vais essayer de plus m’informer.

18h 30

Il s’agirait en fait d’un pédophile; il y’ aurait deux victimes, deux petites filles. Une serait morte et une survivante. Quand au pervers, la police l’aurait arrêté;  il serait actuellement interrogé au commissariat de Vitrolles. Putain ce fdp  aurait touché à l’une de sœur je l’aurais décapité; putain faudrait castrer les salauds de ce genre! Les pompiers continuent de désinfecter l’appartement concerné; leur aspirateur fait un boucan d’enfer; il y’a toujours autant de badaud à l’extérieur, c’est à ce demander pourquoi les gens aiment tant le morbide.

19h 30

Il ne s’agirait plus d’un pédophile, ni d’un assassin, ni d’un serial killer, mais d’un alcoolique qui serait mort chez lui. Bref un brave type qui n’aurait rien à se reprocher.Rendez-vous compte que cette histoire s’est passée sous mes yeux et la vérité m’échappe! Ce que j’ai vu de mes yeux: des pompiers qui ont monté leurs échelles vers l’un des étages au dessus, des policiers qui attendait dans la foule, le bruit d’une espèce d’aspirateur désinfectant.Ce qu’on m’a: un pervers aurait tué des jeunes femmes, non se serait des jeunes filles, non se serait un alcoolique mort en solitaire.Résident dans le même bâtiment où s’est déroulé cette histoire, je ne peux vous garantir la vérité, et ce qui s’est réellement passé.Si je suis dans cette difficulté, imaginé celle des journalistes, des envoyés spéciales qui prétendent nous informer sur tout ce qui se passe dans le monde?Aucune n’information dans les médias n’est vrai, elles n’existent tout simplement pas. L’information comme l’histoire qu’on apprend actuellement n’est autre qu’un ramassis de propagandes et d’intérêts. On ne peut faire confiance à personne, même pas aux principaux témoins d’une affaire, personne n’est digne de confiance. Les informations quel qu’elles soient sont toutes biaisées.


LES TRAQUEURS-L’homme à la pelle1

Julie Romarin, jeune étudiante âgée de 20ans, dormait d’un sommeil paisible. Les cheveux bruns ornant son joli visage et sa taille fine, lui donnaient cet air hautain des femmes sûres de leur beauté physique et intellectuelle.
Elle aimait deux chanteurs dans sa vie; Raphaël pour son romantisme efféminé et Johnny Halliday pour son énergie malgré son âge avancé.
En troisième année de Droit, ambitieuse voulant devenir la meilleure avocate de France, elle faisait la fierté de ses parents, un couple d’affaire multimillionnaire.
Julie dormait d’un œil angélique, quand elle crut entendre un bruit surgissant de nulle part; la belle pensa rêver, lorsque quelque chose de poudreux s’étala sur son visage. Elle passa la main sur sa figure, et ses doigts se saisirent d’une matière dont la consistance ressemblait à celle la terre. Effrayée, pendant que le bruit d’une pelle creusant le sol parvenait à ses oreilles, elle ouvrit les yeux et constata qu’elle se trouvait à l’étroit dans un trou et qu’il faisait nuit, car le ciel nocturne s’affichait en grand au dessus d’elle.
Ne sachant pas ce qu’elle faisait dans ce trou et ne se souvenant de rien, elle cria à l’aide de toutes ses forces comme pour s’échapper de son cauchemar.
C’est alors qu’un homme se présenta devant le trou; il était imposant et tenait une pelle dans une main, et une torche électrique dans l’autre. Il pointa le faisceau sur son visage, de sorte que Julie fut éblouie par la lumière.
-Ferme ta gueule s*****! Si tu ne veux pas que je te dérouille. Dit l’homme d’une voix grave qui arracha un frisson dans le dos de la jeune femme.
-Pitié,… écoutez moi si vous plait; mes parents sont riches si vous voulez l’argent vous en aurez; mais pitié, laissez moi partir…supplia Julie en se relevant de son trou ressemblant à une tombe; le salaud voulait l’enterrer vivante; elle ne voulait pas mourir, elle était jeune et avait la vie devant elle; une belle carrière d’avocate l’attendait, et l’amour aussi; non! Elle ne voulait pas mourir, en tout cas pas maintenant et prêt de ce type glauque.
-Monsieur, je ferai tout ce que vous voulez…un violent coup de pelle reçu en pleine face la fit vaciller, puis elle s’écroula sonnée dans le trou.
-S*****! Quand je dis de la fermer on la ferme p*******! Dit la voix grave.
L’homme sauta dans le trou en proie en une rage folle et s’acharna sur la malheureuse en lui assenant de multiples coups de pelles.
Quand il termina sa besogne, et que sa rage rassasiée sur la dépouille sanguinolente s’évapora, l’individu sortit de la poche de son manteau noir un appareil photo. Bientôt, de multiples flashes éclairèrent instantanément le cadavre, tandis que l’homme, hilare de plaisir, appuyait frénétiquement sur le bouton pour figer le plus de souvenirs possibles de cette merveilleuse nuit, dans laquelle il venait d’assouvir pour la première fois sa grande soif…

Le dernier gentleman


sisi!

« J’ai croisé des rigolos dans ma courte vie, mais jamais du style de Jean Daniel. »

Cet après midi là, deux potes et moi nous nous sommes rendus de l’autre côté de la ville, dans un quartier sympathique pour tuer le temps avec des potes. On les a trouvé sous un hlm, l’un d’eux tenant une bouteille de pastis à la main. On passa un verre à chacun, puis on servit l’alcool dilué dans du jus de pommes ou celui d’ananas au choix. Nous étions en tout au nombre de 6, debout là à boire, et à causer pour tuer le temps. Puis, Jean Daniel a prit la parole. Déjà quand tu le vois physiquement, jean Daniel, tu sens que c’est une personne qui en a gros le cœur, et sa manière de parler, les sticks de dégoûts qui s’affichent sur ses lèvres quand il parle, son accent de soulard et ses yeux dans les brumes alcooliques, le rendent immédiatement familier et sympathique. Quand tu l’entends parler tu sens le prolétaire qui en a plein les couilles, ou plutôt plein le cul de la société, et qu’il s’y sent bien lui, à faire claquer les mots avec cette nonchalance naturelle qui lui va si bien, cette nonchalance que les comiques actuels essayent en vain d’obtenir dans leurs ketchs, chez Jean Daniel, parole de Rigo c’est naturel. Jean Daniel qui parle, avec sa familière mine de dégoût aux lèvres:

-J’écris à la pute de venir pour qu’on nique, elle me fait perdre mon temps sur MSN. « Tu sais, jean Daniel j’ai peur de blesser ton grand frère, s’il apprend que toi et moi on a une relation alors que je suis sensé être avec lui; » c’est-ce que m’a écrit cette salope dans son message. Dit Jean Daniel (rires des autres). Moi je me fais saigner le cerveau en écrivant à cette pouf, et elle me fait perdre mon temps à blanc. Elle pensait vraiment que Thierry (son grand frère) se mettrait en colère pour elle si je la baisais, cette connasse! (rires). Comme si mon frérot tenait à elle et voulait se caser avec elle. Thierry est comme ça, il nique plein de femmes sur internet et s’en bat les couilles. Elle croyait vraiment que ça y est, c’était l’amour de sa vie. (rires). J’ai fini par l’embobiner, et par la faire entrer dans mon appart au cinquième (Jean montre son appart d’une main mal assurée de soulard). Je l’ai tronché cette chiennasse, puis elle m’a dit: » Ne le dis pas à Thierry si te plait, ça doit rester entre nous  » :

-Oohh! Ferme ton cul je lui ai répondu! (rires généralisés). Tu crois vraiment que tu comptes pour mon frère? Eh bien, tu te fous le doigt dans l’œil ma vieille! (rires). Jean Daniel commence à s’énerver; pour se clamer il avale une gorgée d’alcool, puis il reprend la parole:

-Mon frérot m’a téléphoné le soir pour me dire:  « Oohh! Jean Daniel, comment tu parles à ma maitresse oh? » Moi j’ai répondu: « Demande lui c’est elle quia commencé. » J’ai fini par embobiner mon frérot puis on a fait la paix. Plus tard, il m’a téléphoné pour dire que la pouf était une capricieuse, et a dit: « Ah! Tia bien fait de la niquer cette conne! » (rires). Puis une autre personne a prit la parole, mais pas pour longtemps; car nous étions tous sous l’emprise de l’authenticité émanant de ce jeune homme âgé d’environ vingt sept ans, et moi personnellement, j’aurais écouté ses paroles toute une journée sans m’ennuyer. Jean Daniel reprit la parole:

La dernière fois que je suis parti au festivale d’Avignon, j’iétais tout péter oh; pastisse, Jacques Daniele, whisky et autres. Dans la boite alors, je n’en parle même pas fada. Me voilà qui dance, et voilà qu’une bête de Chocha, bonne et sexy vient frotter son cul contre mon vier. Tout de suite j’iai bandé. Et je ne sais plus comment le lendemin je me suis retrouvé dans son lit. Je ne me souvenais plus de rien oh, sauf que j’iavais croisé une femme bonne en boite de nuit. « Alors bien dormi? M’a demandé la chochtia; » je gainche comme ça, je ne vois pas une vieille moche et fripée, avec des yeux de hiboux qui me regardent, et j’iai crié en sautant hors du lit, ahrrr! Comment j’ai pu troncher avec ça? (méga éclats de rires). La chochtia s’énerve en me disant: « C’est une belle façon de parler aux dames ça! Déjà, on ne dit pas tronché, mais on dit faire l’amour… » Ferme ton cul! Je lui ai dis; puis j’ai ramassé mes habits et j’ai couru le plus vite que j’ai pu! (quelques s’uns s’écroule par terre de rire; une voiture claxonne, et le chauffeur fait un signe de salut à Jean). Ensuite Jean Daniel est monté chez lui et l’ambiance est retombée. Sur le chemin sur retour, Rax qu’on surnomme grosse tête a dit:

-Putin, c’est quand même un niqué Jean Daniele, il m’a explosé de rire le tonto!

les aventures du Bigre


Ce soir là je me sentais irrité. Par la soif.  Je sortis de mon trou à rat pour me désaltérer. Il était 2 heure du mat.  Me voilà qui me dirige vers le centre ville.  Je gare la foutue 205 devant le bar.  Le bar nommé la girouette;  pour la girouette, il porte bien son nom; ses propriétaires successifs se font descendre en moyenne tous les Trois ans; les plus malins sont à l’étranger, et les moins malins de tous croupissent en cage…

Bordel! 20 ans de ma vie derrière les barreaux des Baumettes.  Une véritable chienlit.  Deux putaines de générations sont passées et je me retrouve à la case départ.  Sans rien; avec qu’une avance pour tenir quelques mois… Je pénètre le bar.  J’y suis pas depuis une trentaine de seconde que j’entends:

« Le Bigre! La famille! Comment tu vas! ».

Qui peut bien être ce bigre qui connait mon sobriquet. Ce que je veux c’est boire un coup puis me tirer, pas qu’on m’apostrophe comme ça au singulier. Je lève les yeux.  C’est un jeune homme.  Ça ressemble pas à un Corse ça.  Mais pourtant ça me parle en patois. « Le Bigre t’es une légende à Marseille!  Incroyable sur qui je suis tombé!  Oh!  Incroyable!  La lame, Viens voir qui c’est dans le bar!».  Dit t’il en me serrant dans les bras, pourtant c’est mon tour de passer au comptoir.  Il pue la femelle.  Savait pas que les macs avaient tous virés homosexuels.  Mais il pue le frique surtout.  Y’a qu’à voir comme il est sapé le bigre.  Et ça.  Ça m’intéresse.  Je serre la patte à son pote qui a les yeux grands ouverts.  Tu parles d’une légende moi!  Je m’assois à sa table.  Il fait signe au serveur d’apporter ma consommation, il précise que c’est lui qui régale.  Dans le bar ça pue la fumée, L’alcool, le parfum des dames.  Ils y’a n’a quatre, des pas du tout thons à notre table, plus moi, lui, et un de ses lieutenants.  Quand à la musique que siffle la radio, elle est électro, truc de toxico.  Il me rappelle moi quand j’avais 2O ans.  Ambitieux voulant tout niquer.  Enculer se système jusqu’à lui fendre sa merde.   Avec un seul mot d’ordre: « Nique l’usine! vive le frique! ».  Pas facile de tenir cette distance, quand on est prolétaire.  « Alors le bigre c’était comment la taule? »; qu’il revient à la charge. Moi de réponde: « Comme si comme ça ». L’une des dames de charme me pose la question. Elle est blonde plutôt mignonne. Ça fait longtemps que je ne m’en suis pas tapé une. Retour au bercail, et déjà la trique l’étrier.  « Pourquoi on vous as surnommé le bigre? ».  Me demande t’elle de ses yeux bleus. Et le voilà de répondre: « Moi je sais le bigre! C’est parce que tu disais tout le temps le bigre! ».Et moi d’ajouter:  « ouais-ouais le bigre! », en secouant le crane, avant que tout le monde n’éclate de rire.  Ensuite on parle de tout, de rien, et de ses choses pour tuer le temps.  Et voilà pas qu’il me dit:  « Hé le bigre! Tu sais tu peux la troncher à l’œil!… Vite ici toi, fais plaisir au bigre! »;  dit t’il en agrippant l’une des dames.  Et moi de protester.  La nouvelle génération ça craint.  Aucun sens de la galanterie.  Et puis si je veux me les vider, cinq doigts et un peu de crachats ça me suffit.  20 années de sègue en taule ça vous change un homme… Et voilà qu’il me passe un peu de C.C. Je la sniffe et elle me monte direct.  « Le bigre tu sais, moi c’est Couperet, et lui là mon assoc c’est Lame »;  me dit t’il saoul pendant que j’avale un nième pastis.  Et l’autre qui me file un joint.  Mon cerveau est flingué.  Je suis flingué. Voilà pas que j’ai encore plus la trique, mais plus l’envie de le séguer.  « Hé toi là viens avec moi dans le coin! Que je me  vide les couilles! »; dit je à l’encontre de l’une des dames.  Couperet et Lame sont morts de rire.  Morts et défoncés.  J’ai tronché la jeune dame sans même regarder son visage.  Je sais même plus si j’étais couvert où pas, tellement j’étais ganare.  Après avoir tiré mon coup je revient sur la table.  J’avale à la trompette un autre verre de pâtis. Je devient chaud bouillant. Le sang bout dans mes veines. Et au Couperet de dire:

-Le Bigre, tu sais qu’à Marseille il y’a des enculés!  Des vrais enculés!  Qui veulent me piquer mon bizness! Les tafioles! Me piquer mes filles! Niquer mes filles sans payer!  C’est quoi ce manque de respect!  Je suis pas un Pd moi!  J’suis un Pd si le prochain qui me refait ça Oulla je lui crible de balles et balance son cadavre dans l’étang de Berre!  J’suis pas un Pd!  Merde!  Mon joint est tombé. dit t’il.       – Des enculés y’a n’a partout, pas qu’à Marseille minot; dit je. Lui de rajouter:

-Est- que tu marches avec moi le Bigre?  Si tu marches avec moi, y’aura plus d’enculer pour essayer de me niquer le bizness.

-Je vais réfléchir à ta proposition… oh putain!

Là, je me rend compte que j’ai oublié le client.  Je suis dans la merde il faut que je me magne.  Il est 3 heures 15 du matin. Le client sort de la boite à 3 heures 30. Il faut que je me grouille.Je sors du bar et me dirige vers la caisse; ma vue a baissé et je vois  floue. Mais je maîtrise.Soudain, je marche sur quelque chose d’imprévue, et je me viande par terre.  Mon bidon touche le sol en premier.  Et de mon ventre de s’éparpiller sur le bitume. Deux minots se mettent à rire derrière en se moquant.  « Haha! il est en empégué la tronche d’ api! ».  Je me relève;  mon sang ne fait qu’un tour, et comme un mauvais reflexe, une vieille manie qui revient, j’envoie une pêche droite dans la narine du plus proche, son nez éjacule du jus de tomate, le bigre…

en cours d’écriture nez à soigner!

La marche du baiseur

C’est avec un grand soulagement, que Mathieu Curzon sorti du TVG en provenance de Nîmes. On était à la Gare du Nord de Paris; il était 11 heures, et la foule de voyageurs aux pas prestes, laissait Mathieu perplexe, lui qui n’avait jamais voyagé dans une grande ville. Toute cette foule, grouillante serrée et promiscue, comme des asticots dans des excréments en putréfactions, faisait à Mathieu se sentir bien inutile et bien insignifiant comme tout ce monde, sentiment accentué par l’énorme distance entre le toit de la gare, et le sol, où marchaient comme des fourmis les voyageurs, sans se soucier des monstres ronflant d’acier, avalant et vomissant sans relâche d’autres créatures bipèdes.

Mathieu n’avait pour uniques bagages que 30 euros, et les vêtements au look décontracté qu’il portait.  Une simple veste marron, en dessous de laquelle régnait un t-shirt blanc de pauvre facture, et, un jean bleu donc les jambes arrêtaient leurs chutes sur des baskets noires de fabrication chinoise.  Âgé de 20 ans, et de bonne taille, Mathieu avait la force naturelle des fils de fermiers, et un jolie visage munit de deux yeux verts claires, qui semblaient jeter des éclairs, tout en dévoilant une fragilité à chaque fois qu’on se risquait à regarder dedans.  Quand à sa chevelure, elle était de couleur châtaine, et ses joues saignantes de couleur rouges, comme celle d’ un provincial qui aurait passé trop de temps dans le mistral, et trop d’été dans le soleil.  Ses lèvres charnues tiraient vers le rose, et lui donnaient un petit air féminin.  Il était le désespoir des femmes, et la jalousie des hommes.  Non rassasiée de l’avoir gâté physiquement, mère nature avait doté Mathieu d’un membre viril.  D’un membre si viril que lorsqu’il le comparait à ceux d’acteurs pornographes qu’il voyaient sur internet pendant ses séances de masturbations, il se sentait à chaque fois supérieur de loin à eux, et jurait après chaque éjaculation qu’il en fera sa vocation: être acteur porno pour gagner plein d’argent, et pour devenir célèbre.

Il serait acteur porno;  il n’avait aucun doute là-dessus.  Il n’avait qu’à débarquer dans un casting de film X, qu’à déballer sa queue devant sa partenaire sous l’œil de la camera, et se serait suffisant pour devenir une légende, un dieu sexuel vivant.  Mais pour l’instant, Mathieu n’était qu’ au début de sa marche, avec le cœur plein d’ambitions les unes plus démesurées que les autres, et avec la certitude qu’il soumettrait le monde entier à ses pieds.