Douche froide

Y’a ce froid soudain qui saisit l’âme, brusquement, comme la merde d’un oiseau qui tombe derrière le cou. Terrifié, on espère qu’on se ment, qu’on pourra encore s’en sortir, qu’il n’est pas trop tard, quand on se rend compte qu’on a raté sa vie.

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Les trajectoires

Ils n’arrêtent pas de rouler : les déportées en lambeaux aux pectoraux diagonaux.
Ma mémoire est un typhon, une araignée grimpant sur les lianes de mon esprit qui mènent dans des directions effacées, mais toujours présentes, remontables, flouées, inaltérables, elles restent où je ne suis pas.
J’ai du mal à croire qu’aucun autre n’empruntera exactement ma trajectoire, puisqu’il y’a eu, qu’il y’a et qu’il y’aura des milliards et des milliards d’humains ; peut être qu’un autre aura été, est, ou sera directionnellement plus prêt de moi à mon insu et à son insu !
Les directions, les trajectoires, les destins, tous s’entremêlent dans une fornication sans jus.
Et pourtant faudra laisser ces toupies à d’autres, à qui serra venu le tour,
– de tourner en rond.

Sonar

Des coups de battes dans leurs gueules précédés par ceux de haches. C’est ce qu’il faudrait pour qu’ils la ferme.
La pluie des dents ricoche sur le sol en perles et s’accorde aux tambours de l’attende et des représailles. Des ogives nucléaires qui font boum badaboum et c’est le cercle rouge qui bande.
Au détour d’une des galeries qu’a creusée la taupe dans mon ventre j’ai perdu mes sens et mes émotions avec elle. Elle valdingue et banc c’est bien crève à petit feu qu’on t’entende. Il en coule de par le nez, les yeux, rien à faire: le gobelet en inox est overdosé de sang.
Violence orgasmique d’une vague de cadavres déferlant dans toutes les rues, nul endroit ou se cacher, nul recoin où rester à sec, les vermines d’or illuminent nos lèvres poreuses, nos os partent en cendre et c’est le désert, la forêt de non présence.
Nul son, nulle parole, nulle action, nulle pensée ne sont d’aucun secours: quand les murs un peu trop longs nous hurlent le silence dans le creux des vagues.

Sonatine


Douce mélodie la ville est à nous, et s’éveille d’une odeur de poudre et d’une rafale de balles éclairées à la volée d’un brouillard cliquant, et de flashes étincelants. Ciel gris, cil lisse, on s’y enlise; éclipses soudaines, ennuie, éternité statique. Agonie. Cage claustrophobe. Regards stoïques. Sang. Plage nocturne sur laquelle dansent d’étranges alcooliques; vent portant les cris d’un viol. Chevalier barbare arrachant la proie aux dents des prédateurs. Eux, qui pensaient pourtant passer un agréable quart d’heure. Pleurent. Meurent. Sonatine, murmure rythmé, miel de sons dans lequel se noient le soleil et la nuit; les prismes d’une explosion, achèvent des mouches disparates. Deux marginaux s’aiment; l’un est muet et violent, l’autre est douce et distante, et n’en finit pas d’attendre…Le jour est plein, rassasié, et la terreur insondable dématérialisée.
-Allons poisson bleu! Le paysage est magnifique, il est temps de fermer les yeux,… il est temps de crever! Sonatine…

Autopsie

mort flottant Viande humaine, que des bouchers découpent, dans une salle d’autopsie, inerte, morte, froide, grise et vulgaire.  J’ai vu son corps éteint, par son ventre vomir ses intestins, sous les caresses des mains expertes, des bouchers experts, découpant la cervelle ferme de cette pauvre dame morte ne pouvant s’échapper de son calvaire.  Dégoût.  Haut le cœur.  Résignation.  La mort en transite ne serait qu’un corps lâche et puant se laissant tripoter par les bistouris de cyniques médecins?

Ha!  Mon fruit mûr de cadavre futur, que l’on ne m’autopsie pas!  Quel diable de bassesse de faire passer un corps humain pour celui d’une vache!  Et les meurtres, les suicides, les morts, et la sombre reine qui n’en finit pas d’en jouir. Salope!

suicide sodomite

suicide

Ode au suicide ! Que mon cœur est vain et que ma vie est creuse de ce trou d’excrément qu’est l’existence, de mes dents pourries d’où des racines poussent pour s’expulser vers l’extérieur des asticots fainéants, de ces cafards humides qui aigrissent mes yeux, de cette pisse fluorescente qui brule ma verge, de ma gorge tranchée d’où s’écoule le vin chaud, chaud comme mon cœur boule de feux, boule de nerfs, boule de haines qui me vomissent.
Tue moi ce soir d’un coup de bat en pleine nuque ! Que ma cervelle explose comme un fruit trop mûr et trop sûr de sa déchéance prochaine. Mon corps ensanglanté perd sa saveur salé au contact de ta sueur fluide, frère des divinations stériles d’où les miasmes d’orgies féeriques se déversent comme l’eau du fleuve dans celle de la mer, ouvrant dans mes cotes de larges blessures creuses, floues, têtues comme un homosexuel ayant les flammes au corps, dévorant l’écorce de mon torse, transperçant d’une épée ce corps impur, voué aux lamentations, aux injures, et aux déchéances des nations.

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