les aventures du Bigre


Ce soir là je me sentais irrité. Par la soif.  Je sortis de mon trou à rat pour me désaltérer. Il était 2 heure du mat.  Me voilà qui me dirige vers le centre ville.  Je gare la foutue 205 devant le bar.  Le bar nommé la girouette;  pour la girouette, il porte bien son nom; ses propriétaires successifs se font descendre en moyenne tous les Trois ans; les plus malins sont à l’étranger, et les moins malins de tous croupissent en cage…

Bordel! 20 ans de ma vie derrière les barreaux des Baumettes.  Une véritable chienlit.  Deux putaines de générations sont passées et je me retrouve à la case départ.  Sans rien; avec qu’une avance pour tenir quelques mois… Je pénètre le bar.  J’y suis pas depuis une trentaine de seconde que j’entends:

« Le Bigre! La famille! Comment tu vas! ».

Qui peut bien être ce bigre qui connait mon sobriquet. Ce que je veux c’est boire un coup puis me tirer, pas qu’on m’apostrophe comme ça au singulier. Je lève les yeux.  C’est un jeune homme.  Ça ressemble pas à un Corse ça.  Mais pourtant ça me parle en patois. « Le Bigre t’es une légende à Marseille!  Incroyable sur qui je suis tombé!  Oh!  Incroyable!  La lame, Viens voir qui c’est dans le bar!».  Dit t’il en me serrant dans les bras, pourtant c’est mon tour de passer au comptoir.  Il pue la femelle.  Savait pas que les macs avaient tous virés homosexuels.  Mais il pue le frique surtout.  Y’a qu’à voir comme il est sapé le bigre.  Et ça.  Ça m’intéresse.  Je serre la patte à son pote qui a les yeux grands ouverts.  Tu parles d’une légende moi!  Je m’assois à sa table.  Il fait signe au serveur d’apporter ma consommation, il précise que c’est lui qui régale.  Dans le bar ça pue la fumée, L’alcool, le parfum des dames.  Ils y’a n’a quatre, des pas du tout thons à notre table, plus moi, lui, et un de ses lieutenants.  Quand à la musique que siffle la radio, elle est électro, truc de toxico.  Il me rappelle moi quand j’avais 2O ans.  Ambitieux voulant tout niquer.  Enculer se système jusqu’à lui fendre sa merde.   Avec un seul mot d’ordre: « Nique l’usine! vive le frique! ».  Pas facile de tenir cette distance, quand on est prolétaire.  « Alors le bigre c’était comment la taule? »; qu’il revient à la charge. Moi de réponde: « Comme si comme ça ». L’une des dames de charme me pose la question. Elle est blonde plutôt mignonne. Ça fait longtemps que je ne m’en suis pas tapé une. Retour au bercail, et déjà la trique l’étrier.  « Pourquoi on vous as surnommé le bigre? ».  Me demande t’elle de ses yeux bleus. Et le voilà de répondre: « Moi je sais le bigre! C’est parce que tu disais tout le temps le bigre! ».Et moi d’ajouter:  « ouais-ouais le bigre! », en secouant le crane, avant que tout le monde n’éclate de rire.  Ensuite on parle de tout, de rien, et de ses choses pour tuer le temps.  Et voilà pas qu’il me dit:  « Hé le bigre! Tu sais tu peux la troncher à l’œil!… Vite ici toi, fais plaisir au bigre! »;  dit t’il en agrippant l’une des dames.  Et moi de protester.  La nouvelle génération ça craint.  Aucun sens de la galanterie.  Et puis si je veux me les vider, cinq doigts et un peu de crachats ça me suffit.  20 années de sègue en taule ça vous change un homme… Et voilà qu’il me passe un peu de C.C. Je la sniffe et elle me monte direct.  « Le bigre tu sais, moi c’est Couperet, et lui là mon assoc c’est Lame »;  me dit t’il saoul pendant que j’avale un nième pastis.  Et l’autre qui me file un joint.  Mon cerveau est flingué.  Je suis flingué. Voilà pas que j’ai encore plus la trique, mais plus l’envie de le séguer.  « Hé toi là viens avec moi dans le coin! Que je me  vide les couilles! »; dit je à l’encontre de l’une des dames.  Couperet et Lame sont morts de rire.  Morts et défoncés.  J’ai tronché la jeune dame sans même regarder son visage.  Je sais même plus si j’étais couvert où pas, tellement j’étais ganare.  Après avoir tiré mon coup je revient sur la table.  J’avale à la trompette un autre verre de pâtis. Je devient chaud bouillant. Le sang bout dans mes veines. Et au Couperet de dire:

-Le Bigre, tu sais qu’à Marseille il y’a des enculés!  Des vrais enculés!  Qui veulent me piquer mon bizness! Les tafioles! Me piquer mes filles! Niquer mes filles sans payer!  C’est quoi ce manque de respect!  Je suis pas un Pd moi!  J’suis un Pd si le prochain qui me refait ça Oulla je lui crible de balles et balance son cadavre dans l’étang de Berre!  J’suis pas un Pd!  Merde!  Mon joint est tombé. dit t’il.       – Des enculés y’a n’a partout, pas qu’à Marseille minot; dit je. Lui de rajouter:

-Est- que tu marches avec moi le Bigre?  Si tu marches avec moi, y’aura plus d’enculer pour essayer de me niquer le bizness.

-Je vais réfléchir à ta proposition… oh putain!

Là, je me rend compte que j’ai oublié le client.  Je suis dans la merde il faut que je me magne.  Il est 3 heures 15 du matin. Le client sort de la boite à 3 heures 30. Il faut que je me grouille.Je sors du bar et me dirige vers la caisse; ma vue a baissé et je vois  floue. Mais je maîtrise.Soudain, je marche sur quelque chose d’imprévue, et je me viande par terre.  Mon bidon touche le sol en premier.  Et de mon ventre de s’éparpiller sur le bitume. Deux minots se mettent à rire derrière en se moquant.  « Haha! il est en empégué la tronche d’ api! ».  Je me relève;  mon sang ne fait qu’un tour, et comme un mauvais reflexe, une vieille manie qui revient, j’envoie une pêche droite dans la narine du plus proche, son nez éjacule du jus de tomate, le bigre…

en cours d’écriture nez à soigner!

La quête de Iori

yakuza kitano
1-La sorcière

Iori Kanamachi était assis au fond du bus. Ce yakuza japonais âgé de 31 ans, était pour la première fois passager dans un  bus parisien. Mesurant 1mètre 70, pour 80 kg, son visage avait des traits fins, une bouche étroite, un nez long, et des yeux en fentes qui ressemblaient à ceux d’un tigre. Physiquement, il était d’une beauté moyenne. Etant ni beau ni moche, il était baisable comme la plupart des gens. Il portait un ensemble pantalon veste noir, une chemise blanche, et des chaussures en cuir noir qui achevaient sa toilette. Les gens parlaient en français à voix haute dans le bus,  entre eux, au téléphone, sans se soucier des autres. Il les trouvaient bizarres les français. Ils parlaient trop et étaient pour la plupart impolis.

Il ouvrit son porte feuille, puis observa la photo qui s’afficha devant son regard. C’était celle de Yana et de lui. Son jolie visage brillait dans son cœur, comme le soleil dans une pleine. Ils regardaient ensemble l’objectif avec chacun un large sourire aux bout des lèvres. Il passa son pouce droit sur son image, comme pour la caresser. Elle lui manquait. Si seulement il avait su, il n’aurait jamais fait cela… Le bus entra à Clichy la garenne. Une ville limitrophe de Paris dans le 18ième, et située dans le 9-2.

On était dans l’un des département le plus riche et le plus peuplé de France. Paradoxalement, des longues tours d’HLM étaient semées dans l’agglomération, mélangées à des magasins, des boutiques, des bazars, et des restaurants exotiques. La circulation était omniprésente au centre ville. Des embouteillages se formaient régulièrement sur l’axe principale de la commune nommée le Boulevard Victor Hugo. La pollution vous donnait un rhume chronique. À cela s’ajoutait la température. Sur les trottoirs, les badauds marchaient à pas rapides, comme s’ils n’avaient pas de temps, et de temps en temps, une semelle s’éprenait d’une merde de canin faisant rougir son propriétaire.

Le bus traversa le Bd Victor Hugo et se dirigea vers les quartiers nord de la ville. Iori descendu à l’arrêt de la mairie, en tenant dans sa main droite son sac d’habits. Il se dirigea vers la  rue Monet.  Après l’avoir atteint, il composa un numéro de téléphone et attendit. Une voix féminine répondit en japonais. Il eut du plaisir d’entendre enfin une voix familière, après avoir eu les oreilles gavées par du charabia francophone, dont il ne comprenait absolument rien.

-Je suis arrivé! Dit t’il avant de raccrocher. Une quinzaine de minute plus tard, une vieille dame asiatique sorti de l’ immeuble situé au 50 rue Monet constitué de sept étages. On était dans le quartier nommé Verrier, quartier dans lequel une bonne partie des bobos de Clichy sont regroupés entre eux. La vieille dame était petite de taille,  avait les cheveux grisonnants,  et marchait le dos tordu comme soutenant sur ce dernier le poids des ans. Elle tenait dans sa main droite un bâton sur lequel elle s’appuyait. Elle ressemblait à une tortue et semblait avoir toutes les peines du monde à se déplacer. Elle alla à la rencontre de Iori.

-Salut Iori, content de voir que tu ne t’es pas dégonflé! Dit elle en souriant à l’homme qui la fixait  d’un regard impassible. Ses lèvres étaient baveuses. Elles les essuya d’un geste preste, et reprit la parole.

-Ne reste donc pas dehors, suis moi à l’intérieur! Dit la vieille dame, en le tapotant avec son bâton comme pour le faire réagir. Elle le trouvait moue. Comme perdu dans ses rêves. Si c’était comme ça qu’ étaient tous les yakuzas, celui-ci ne survivrait pas longtemps…Ils entrèrent dans l’immeuble. Traversèrent le hall. Et montèrent les escaliers jusqu’au septième étage. La petite vieille  ouvrit la porte avec toute les peines du monde, puis, tous les deux entrèrent dans sa demeure, avant que la porte ne se referme derrière Iori avec fracas.

À sa grande surprise, l’obscurité complète régnait dans la pièce. Il faisait noir et on n’y voyait rien. Cela contrastait avec la lumière du jour qui régnait à l’extérieur.

-Il ne faut pas que trop de lumière entre. Dit la vielle dame pour rassurer Iori. Les bruits des pas de la vieille femme guidaient Iori qui ne voyait rien dans l’obscurité. Il se demanda comment cette vieille folle  faisait pour vivre dans un endroit pareil. La vieille dame alluma une bougie. Le sang de Iori se glaça quand le faisceau lumineux involontairement, éclaira quelque chose accrochée au mur, que l’œil vif du yakuza perçu. Des têtes humaines. Des têtes humaines et différentes parties du corps trônaient dans la pénombre, accrochées aux murs en guise de trophées.

-Se sont ceux qui ont échoués! Dit la vieille dame dans une voix devenue glaciale. Elle regarda avec mépris les cranes malheureux qui avaient perdu leur corps, puis posa les yeux sur son invité.

-Réfléchis bien! Es tu sûr de pouvoir aller jusqu’au bout? Lui demanda-t-elle de ses yeux sinistres brillants dans la pénombre, sous la lueur jaunâtre de la bougie, et fixant Iori jusqu’au plus profond de son âme.

-Oui je le veux! Répondit le yakusa dans un ton sec, qui s’efforçait de faire abstraction du spectacle morbide l’entourant.

-Alors, que la cérémonie commence! Cria la sorcière avant de laisser éclater un ricanement lugubre, et de sortir de son fourreau, un sabre de samouraï….

en cour d’écriture, sabre à aiguiser!