nudité

Mon cœur se fend, vite ! Où me cacher ?! De la honte de ne pas être authentique.
Dans le sol ? Dans les murs ? Mais les portes sont fermées.
Les noirs d’Afrique disent :
-Tu es noir à l’extérieur et blanc à l’intérieur, t’es un traite !
Merde !
Et les blancs d’Europe disent :
-T’es noir t’es pas des nôtres, dégage !
Merde !
Je me retrouve dans la rue comme une pute dénudée qu’aucun homme ne veut épouser, mais que tous veulent baiser !
Vite ! Cacher ma dénudée !
De tous, seuls les blancs sud-africains me comprendrons : d’être haïs où je suis né et où j’aurais dû naitre.

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Brule Marianne

Elle est allongée sur le sol, aux pieds des tours, les uns l’observent, les autres l’ignorent.

– Des réceptacles des gaz d’échappements. Voilà ce que sont au mieux pour eux nos poumons.
Tousse l’un.
– Engraissés au chômage ! C’est la peine minimum qu’ils nous branlent.
Gémit un autre.
– Faudrait leur faire la guerre ! Les lyncher ! Les étrangler ! Les incendier !
Menace un dernier.

Mais elle, elle demeure sagement silencieuse au milieu du drapeau tricolore bien blanc. La carcasse cramée de notre avenir.