suicide

Nous trimbalons nos blessures en jachère. Terrains sans eau. Sans issues, nos vies. D’ici à là, un peu d’ombre, puis le soleil brulant reprend ses droits. Douloureux de vivre ! Tiens bon blanc bec, Dieu seul sait, l’arc en ciel qu’il nous mijote.

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LE BIENVEILLANT-les rails du métro


L’avion se posa sur le tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.
Quelque instant plus tard, ses passagers se retrouvèrent dans le hall de l’aéroport. Parmi eux, un homme âgé de 50 ans et mesurant 1 m 82 pour 115 kg, avec une calvitie sur la tête et des yeux bleus derrière ses lunettes de vue rondes, ramassa son sac de voyage puis se dirigea à pas rapides vers la file réservée aux taxis. Il regarda sa montre et constata qu’il était 7h 30. Faut que je me magne putain!
Cinq minute plus tard, Erick Grosser se trouvait à l’arrière d’un taxi parisien en route pour le 119 rue du Peloton dans le 16ième arrondissement.
La radio du taxi annonça la mort de Ben Laden, Erick n’y fit pas attention tout comme dans l’avion, où le visage du chef d’Al-Qaïda mort passa en boucle sur l’écran.
Erick s’en foutait de cette nouvelle historique et n’avait pas la tête à se réjouir de quoi que se soit. Si l’Amérique avait brulé toute entière il n’aurait versé aucune larme, car ce pays maudit avait brisé ses rêves après lui avoir fait gouter le rêve américain.
Il se revoyait 30 ans auparavant, prenant l’avion pour le pays de l’ongle Tom, jeune, avec un poids normal, les rêves pleins la tête et d’optimismes blindés.
Durant une trentaine d’année il avait fait du chemin, il s’en était mit plein les poches avant que la crise ne vienne tout ravager et ne vienne anéantir tous les efforts accomplis durant les 3 dernières décennies.
Britney, sa femme, devait encore dormir sous la tente; quand elle apercevrait qu’il avait fui pour refaire sa vie et pour se sauver du tunnel sans but qu’étaient devenus leurs vie à New York, aurait t’elle aussi envie de se suicider comme lui?
Non, Brit n’était pas du genre à se donner la mort. Elle était plutôt du type à espérer devenir veuve heureuse. Elle était pourtant passé près de devenir veuve, car Erick, trois jours avant de prendre l’avion pour Paris, avait tenté de se donner la mort en vain dans centrale Park. Il avait garé sa vieille Chevrolet au Nord de Central Park, au niveau de la 110ième rue prêt du plan d’eau Harlem Meer, à côté d’un arbre dans lequel un épervier femelle avait bâti son nid. Erick avait laissé le moteur tourner au cas où la police se pointerait. Il avait chargé son revolver d’une balle, un King Cobra qu’il avait aussitôt enfoncer dans sa gorge en dirigeant le canon vers sa boite crânienne, après avoir fait tourner le barillet rotatif.
Une chance sur six de mourir du premier coup. Il pressa sur la détente, mais aucun coup de feu ne résonna. Une chance sur cinq de mourir après c’est la fin. Il pressa sur la détente, cette fois aussi aucun coup de feu ne résonna. L’oiseau au dessus de l’arbre se mit à s’agiter, gêné par le ronflement du moteur et par ce grand monstre de ferraille qui menaçait sa progéniture. Une chance sur quatre cette fois, va s’y Erick c’est bientôt fini, adieu Britney adieu Stan. Il pressa sur la détente, mais une fois de plus, aucune déflagration ne se produisit. Une chance sur trois cette fois ça devient chaud; merci Madoff de m’avoir ruiné, on se retrouvera en enfer. Il pressa sur la détende mais une nouvelle fois aucune détonation ne se produisit. Une chance sur deux de mourir. Son cœur se mit à battre plus fort, battre comme un tambour, il battait tellement fort dans sa poitrine qu’Erick avait l’impression de l’avoir dans les tympans. Cette fois, il ferma les yeux et pressa la détente en criant, mais aucune détonation ne se retentit, alors que son front se trempait de sueur et qu’une chaleur l’envahissait.
Je suis en vie, la vie est belle, je suis baisé.
Soudain, un bruit sourd résonna sur le pare brise, Erick eut l’impression qu’une masse s’y était projetée. Il sortit du véhicule, et c’est là qu’il aperçut un oiseau ressemblant à s’y méprendre à un épervier, qui se roulait dans tous les sens sur le sol comme possédé par une légion de démons. Erick remarqua un impact de fissures sur le pare brise, à l’endroit où l’animal c’était écrasé. Il posa de nouveau les yeux sur l’oiseau qui semblait se débattre avec un adversaire invisible.
Un épervier, mais que fout-il à central Park. Comment est-il arrivé là? Tout ça est bien étrange. Il souffre le malheureux. Il a dû se briser le cou. Abrège ses souffrances. Il pointa le canon du revolver en direction de la boule de plumes tremblantes. BANG!
L’oiseau cessa aussitôt de trembler, tandis que des pigeons effrayés s’envolèrent. Erick regarda autour de lui et s’aperçut que personne n’avait fait attention au coup de feu. À une centaine de mètre derrière lui, un homme noir jouait de la trompette, plus loin un couple d’amoureux blancs péchaient dans Harlem Meer, et sur la 110ième rue, les véhicules roulaient comme d’habitude. Erick rangea le revolver dans la poche de son jogging bleu. Il entra dans la voiture, la démarra et s’en alla le cœur apaisé d’avoir abrégé les souffrances d’un oiseaux.

suicide sodomite

suicide

Ode au suicide ! Que mon cœur est vain et que ma vie est creuse de ce trou d’excrément qu’est l’existence, de mes dents pourries d’où des racines poussent pour s’expulser vers l’extérieur des asticots fainéants, de ces cafards humides qui aigrissent mes yeux, de cette pisse fluorescente qui brule ma verge, de ma gorge tranchée d’où s’écoule le vin chaud, chaud comme mon cœur boule de feux, boule de nerfs, boule de haines qui me vomissent.
Tue moi ce soir d’un coup de bat en pleine nuque ! Que ma cervelle explose comme un fruit trop mûr et trop sûr de sa déchéance prochaine. Mon corps ensanglanté perd sa saveur salé au contact de ta sueur fluide, frère des divinations stériles d’où les miasmes d’orgies féeriques se déversent comme l’eau du fleuve dans celle de la mer, ouvrant dans mes cotes de larges blessures creuses, floues, têtues comme un homosexuel ayant les flammes au corps, dévorant l’écorce de mon torse, transperçant d’une épée ce corps impur, voué aux lamentations, aux injures, et aux déchéances des nations.

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