La quête de Iori

yakuza kitano
1-La sorcière

Iori Kanamachi était assis au fond du bus. Ce yakuza japonais âgé de 31 ans, était pour la première fois passager dans un  bus parisien. Mesurant 1mètre 70, pour 80 kg, son visage avait des traits fins, une bouche étroite, un nez long, et des yeux en fentes qui ressemblaient à ceux d’un tigre. Physiquement, il était d’une beauté moyenne. Etant ni beau ni moche, il était baisable comme la plupart des gens. Il portait un ensemble pantalon veste noir, une chemise blanche, et des chaussures en cuir noir qui achevaient sa toilette. Les gens parlaient en français à voix haute dans le bus,  entre eux, au téléphone, sans se soucier des autres. Il les trouvaient bizarres les français. Ils parlaient trop et étaient pour la plupart impolis.

Il ouvrit son porte feuille, puis observa la photo qui s’afficha devant son regard. C’était celle de Yana et de lui. Son jolie visage brillait dans son cœur, comme le soleil dans une pleine. Ils regardaient ensemble l’objectif avec chacun un large sourire aux bout des lèvres. Il passa son pouce droit sur son image, comme pour la caresser. Elle lui manquait. Si seulement il avait su, il n’aurait jamais fait cela… Le bus entra à Clichy la garenne. Une ville limitrophe de Paris dans le 18ième, et située dans le 9-2.

On était dans l’un des département le plus riche et le plus peuplé de France. Paradoxalement, des longues tours d’HLM étaient semées dans l’agglomération, mélangées à des magasins, des boutiques, des bazars, et des restaurants exotiques. La circulation était omniprésente au centre ville. Des embouteillages se formaient régulièrement sur l’axe principale de la commune nommée le Boulevard Victor Hugo. La pollution vous donnait un rhume chronique. À cela s’ajoutait la température. Sur les trottoirs, les badauds marchaient à pas rapides, comme s’ils n’avaient pas de temps, et de temps en temps, une semelle s’éprenait d’une merde de canin faisant rougir son propriétaire.

Le bus traversa le Bd Victor Hugo et se dirigea vers les quartiers nord de la ville. Iori descendu à l’arrêt de la mairie, en tenant dans sa main droite son sac d’habits. Il se dirigea vers la  rue Monet.  Après l’avoir atteint, il composa un numéro de téléphone et attendit. Une voix féminine répondit en japonais. Il eut du plaisir d’entendre enfin une voix familière, après avoir eu les oreilles gavées par du charabia francophone, dont il ne comprenait absolument rien.

-Je suis arrivé! Dit t’il avant de raccrocher. Une quinzaine de minute plus tard, une vieille dame asiatique sorti de l’ immeuble situé au 50 rue Monet constitué de sept étages. On était dans le quartier nommé Verrier, quartier dans lequel une bonne partie des bobos de Clichy sont regroupés entre eux. La vieille dame était petite de taille,  avait les cheveux grisonnants,  et marchait le dos tordu comme soutenant sur ce dernier le poids des ans. Elle tenait dans sa main droite un bâton sur lequel elle s’appuyait. Elle ressemblait à une tortue et semblait avoir toutes les peines du monde à se déplacer. Elle alla à la rencontre de Iori.

-Salut Iori, content de voir que tu ne t’es pas dégonflé! Dit elle en souriant à l’homme qui la fixait  d’un regard impassible. Ses lèvres étaient baveuses. Elles les essuya d’un geste preste, et reprit la parole.

-Ne reste donc pas dehors, suis moi à l’intérieur! Dit la vieille dame, en le tapotant avec son bâton comme pour le faire réagir. Elle le trouvait moue. Comme perdu dans ses rêves. Si c’était comme ça qu’ étaient tous les yakuzas, celui-ci ne survivrait pas longtemps…Ils entrèrent dans l’immeuble. Traversèrent le hall. Et montèrent les escaliers jusqu’au septième étage. La petite vieille  ouvrit la porte avec toute les peines du monde, puis, tous les deux entrèrent dans sa demeure, avant que la porte ne se referme derrière Iori avec fracas.

À sa grande surprise, l’obscurité complète régnait dans la pièce. Il faisait noir et on n’y voyait rien. Cela contrastait avec la lumière du jour qui régnait à l’extérieur.

-Il ne faut pas que trop de lumière entre. Dit la vielle dame pour rassurer Iori. Les bruits des pas de la vieille femme guidaient Iori qui ne voyait rien dans l’obscurité. Il se demanda comment cette vieille folle  faisait pour vivre dans un endroit pareil. La vieille dame alluma une bougie. Le sang de Iori se glaça quand le faisceau lumineux involontairement, éclaira quelque chose accrochée au mur, que l’œil vif du yakuza perçu. Des têtes humaines. Des têtes humaines et différentes parties du corps trônaient dans la pénombre, accrochées aux murs en guise de trophées.

-Se sont ceux qui ont échoués! Dit la vieille dame dans une voix devenue glaciale. Elle regarda avec mépris les cranes malheureux qui avaient perdu leur corps, puis posa les yeux sur son invité.

-Réfléchis bien! Es tu sûr de pouvoir aller jusqu’au bout? Lui demanda-t-elle de ses yeux sinistres brillants dans la pénombre, sous la lueur jaunâtre de la bougie, et fixant Iori jusqu’au plus profond de son âme.

-Oui je le veux! Répondit le yakusa dans un ton sec, qui s’efforçait de faire abstraction du spectacle morbide l’entourant.

-Alors, que la cérémonie commence! Cria la sorcière avant de laisser éclater un ricanement lugubre, et de sortir de son fourreau, un sabre de samouraï….

en cour d’écriture, sabre à aiguiser!

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